BIG
PROBLEM
L'Organisation
des Nations Unies a proclamé
2010 « Année
internationale de la biodiversité »
pour engager l’opinion publique et particulièrement
les jeunes à lutter pour protéger la vie sur Terre.
Plus de 30% des espèces connues seraient menacées de
disparition avant la fin du siècle. Le slogan retenu
: "La biodiversité c'est la vie. La biodiversité
c'est NOTRE vie". Le secrétariat de la Convention de
la Biodiversité appelle à l'action : "Le changement
ne viendra pas des autres, il ne peut venir que de
nous".
Que des bonnes
intentions dont les objectifs et les messages
risquent de paraître dérisoires et pourraient même
apparaître comme de la provocation si rien n'est
fait d'ici là pour obliger les compagnies
pétrolières à sécuriser les forages en mer. Les
gouvernements sont-ils prêts à suspendre toutes les
autorisations de prospection et d'exploitation tant
que des solutions n'auront pas été testées et
validées pour éviter qu'une catastrophe comme celle
du Golfe du Mexique ne se reproduise jamais ? Dans
cette affaire ce qui est révoltant ce n'est pas
l'explosion survenue le 10 avril 2010 de la
plateforme Deepwater Horizon de Transocean dont on
déplore 11 morts, elle résulte sans doute et comme
toujours de la convergence de différents facteurs
difficiles à maitriser dans une situation critique,
mais c'est l'incapacité de BP à mettre en œuvre
rapidement une solution de sauvegarde de
l'environnement.
Ce qui est
incompréhensible et scandaleux c'est que non
seulement BP n'ait, semble t'il, jamais envisagé
qu'un tel accident puisse arriver,
mais qu'aucune autre compagnie pétrolière ni aucun
organisme scientifique officiel ne soit à même de
proposer une solution,
ce qui signifie que personne, ni les gouvernements
qui ont laissé faire, ni les compagnies pétrolières
qui en tirent profits, ne se soit préoccupé du
devenir de la mer, du littoral et de leur
biodiversité en cas d'accident et qu'aucune étude
d'impact n'ait
été exigée en préalable à l'autorisation
d'exploitation.
Ce qui est
insupportable et inadmissible aussi dans cette
affaire c'est l'arrogance de certains hauts
dirigeants pour masquer leur incompétence devant des
problèmes qui les dépassent, minimisant l'impact,
essayant de gagner du temps. Résultat prévisible :
des milliers d'espèces animales, vont mourir
étouffées, prises au piège de cette gigantesque
marée noire qui s'étend du delta du Mississippi à la
Floride, et qui atteint déjà les bayous de la
Louisiane, véritables réserves de la biodiversité.
Des milliers d'hommes et de femmes vont perdre leur
emploi et vont devoir quitter la région. Le pire
reste à venir car fin août les cyclones vont
s'inviter et risquent de faire pénétrer cette marée
noire au delà des barrages prévus pour la contenir.
C'est dans ce
contexte que devrait se tenir l'assemblée générale
des Nations Unies sur la Biodiversité en septembre
prochain avec la participation des chefs d'États et
de Gouvernements. Quelles décisions vont-ils être
capables de prendre pour sauver la
biodiversité
? Le moratoire de six mois proposé par Obama aura
t'il résisté aux pressions économiques ? D'un côté
l'avenir de notre Planète, de l'autre les intérêts
économiques. De quel côté la balance va t'elle
pencher ? Leur marge de manœuvre se réduira car
l'opinion publique peut se révolter rapidement
devant l'ampleur de cette catastrophe écologique
sans précédent !
Le 5 juin 2010, était
la "Journée mondiale de l'environnement", le
ministère nous incite à faire des économies
d'énergies, à remplacer le bain par la douche, à
arrêter nos équipements électroniques plutôt que de
les laisser en veille, etc... Des petits gestes,
tous importants pour préserver notre Planète mais à
l'heure où nous écrivons, dans le Golfe du Mexique
aucune solution fiable n'a encore été validée, un
"entonnoir" est posé à 1 500m de fond et BP espère
maintenant pouvoir réduire la fuite de pétrole (de
près de 3 millions à 300000 litres par jour), mais
ne pourra pas l'arrêter totalement avant plusieurs
mois... et les oiseaux ne peuvent même plus se
cacher pour mourir ! DC
Pour en savoir plus
sur la catastrophe : http://www.nola.com (anglais)
Rappel : pour
contacter la rédaction du journal vous pouvez le
faire par courriel à l'adresse
journal@aqvtdm.com